Le Maroc applique une réglementation des changes qui encadre les opérations en devises des résidents. Son cadre pratique est fixé par l’Instruction générale des opérations de change (IGOC), publiée par l’Office des changes et révisée régulièrement. La version 2026, applicable depuis le 1er janvier 2026, poursuit la libéralisation progressive engagée ces dernières années.
Pour les entreprises
Voyages d’affaires
La dotation pour voyages d’affaires des sociétés qui n’ont pas de compte en devises augmente, de 500 000 à 1 million de dirhams, sur la base de l’impôt payé au titre de l’exercice précédent. Pour les opérateurs catégorisés, elle passe de 1 à 1,5 million de dirhams.
Exportateurs de services
Le titulaire d’un marché à l’étranger peut alimenter son compte en devises ou en dirhams convertibles à hauteur du montant rapatrié, dans la limite de 15 % du montant total du marché. Cette faculté n’est pas cumulable avec la possibilité de créditer ces comptes à hauteur de 70 % de la marge réalisée sur le marché.
Importations de services
La définition des importations de services est élargie, et la liste limitative des opérations que les banques peuvent traiter sans autorisation est supprimée. Les paiements de services à l’étranger sont ainsi simplifiés.
Garanties lors des cessions
Lors de la cession d’actions ou de parts sociales à des investisseurs non-résidents, les résidents peuvent désormais consentir des garanties d’actif et de passif, une pratique courante dans les opérations d’acquisition.
Pour les start-ups
Les start-ups labellisées par l’Agence de développement du digital bénéficient de mesures spécifiques :
- elles peuvent investir à l’étranger jusqu’à 10 millions de dirhams par année civile, pour des projets liés à leur activité, sans avoir à justifier de trois ans d’existence ni de comptes certifiés ;
- leur dotation pour le commerce électronique passe de 1 à 2 millions de dirhams.
Les sociétés nouvellement créées, exonérées d’impôt ou dont l’impôt est faible bénéficient d’une dotation e-commerce minimale de 50 000 dirhams par an.
Pour les particuliers
| Dotation | Avant | Depuis 2026 |
|---|---|---|
| Dotation supplémentaire pour voyages personnels (liée à l’impôt sur le revenu payé) | 200 000 DH | 400 000 DH, dans une limite globale de 500 000 DH par an avec la dotation de base |
| Paiements en ligne (e-commerce) | 15 000 DH | 20 000 DH par an |
| Frais de séjour pour études à l’étranger | 12 000 DH par mois | 15 000 DH par mois |
Pour les étrangers résidents et les MRE
- Les étrangers résidents accèdent aux dotations pour voyages personnels et soins médicaux dans les mêmes conditions que les Marocains.
- Ceux qui détiennent des investissements au Maroc depuis au moins dix ans, sans pouvoir justifier de leur financement en devises, peuvent transférer les revenus de ces investissements jusqu’à 2 millions de dirhams par an.
- Pour les Marocains résidant à l’étranger, le financement des crédits immobiliers en dirhams peut atteindre 80 % de la valeur du bien.
Ce qui ne change pas
Le principe demeure : un investissement étranger financé en devises et correctement documenté bénéficie d’un droit au retransfert des revenus et du produit de cession. Voir notre article sur la création d’une société par un investisseur étranger. Les investissements des entreprises marocaines à l’étranger restent encadrés par des plafonds et des conditions, présentés dans notre article dédié.
Ascensu accompagne les entreprises et les investisseurs dans leurs démarches liées à la réglementation des changes.
Sources officielles
Cet article est fourni à titre d’information générale, à la date de sa publication. Il ne constitue pas un conseil personnalisé : les textes évoluent et chaque situation doit être analysée au cas par cas.