Au Maroc, la comptabilité des entreprises est régie par la loi n° 9-88 relative aux obligations comptables des commerçants et par le Code général de normalisation comptable (CGNC). Le CGNC comprend un plan comptable général des entreprises, souvent appelé PCGE : c’est la liste normalisée des comptes que toutes les entreprises utilisent pour enregistrer leurs opérations.
Comprendre sa logique permet de lire une balance, de dialoguer avec son comptable et de comprendre comment sont construits le bilan et le compte de produits et charges.
Une architecture en classes
Le plan est organisé en classes, chacune identifiée par le premier chiffre du numéro de compte. Elles suivent directement la structure des états de synthèse.
| Classe | Contenu | État concerné |
|---|---|---|
| 1 | Comptes de financement permanent : capital, réserves, résultat, dettes de financement, provisions durables | Bilan (passif) |
| 2 | Comptes d’actif immobilisé : immobilisations incorporelles, corporelles et financières, amortissements | Bilan (actif) |
| 3 | Comptes d’actif circulant hors trésorerie : stocks, créances clients et autres créances | Bilan (actif) |
| 4 | Comptes de passif circulant hors trésorerie : fournisseurs, dettes sociales et fiscales | Bilan (passif) |
| 5 | Comptes de trésorerie : banques, caisse, crédits de trésorerie | Bilan (actif et passif) |
| 6 | Comptes de charges | Compte de produits et charges |
| 7 | Comptes de produits | Compte de produits et charges |
| 8 | Comptes de résultats | Détermination des résultats |
Les classes 1 à 5 constituent les comptes de bilan ; les classes 6 et 7 les comptes de gestion. Une classe est réservée à la comptabilité analytique, et une autre aux comptes spéciaux hors bilan.
Comment lire un numéro de compte
Chaque chiffre supplémentaire précise le précédent :
- le 1er chiffre indique la classe ;
- le 2e chiffre, la rubrique ;
- le 3e chiffre, le poste ;
- les chiffres suivants, des comptes de plus en plus détaillés.
Par exemple, dans la classe 6, la rubrique 61 regroupe les charges d’exploitation, et les comptes qui en dépendent distinguent les achats, les services extérieurs, les impôts et taxes, les charges de personnel ou les dotations d’exploitation. Une entreprise peut créer des sous-comptes adaptés à son activité, dans le respect de cette structure.
Une particularité : la distinction exploitation, financier et non courant
Les charges et les produits sont classés selon leur nature :
- exploitation : l’activité courante de l’entreprise ;
- financier : intérêts, gains et pertes de change, produits des placements ;
- non courant : opérations exceptionnelles, comme les cessions d’immobilisations ou certaines pénalités.
Cette distinction se retrouve dans le compte de produits et charges et dans l’état des soldes de gestion, qui fait apparaître la marge, la valeur ajoutée, l’excédent brut d’exploitation et la capacité d’autofinancement.
Du plan de comptes aux états de synthèse
À la clôture, les soldes des comptes alimentent les états de synthèse : bilan, compte de produits et charges, état des soldes de gestion, tableau de financement et état des informations complémentaires. Nous détaillons ces étapes dans notre article sur l’approbation des comptes annuels.
Un plan de comptes bien paramétré, avec des sous-comptes adaptés à l’activité, rend la comptabilité directement utile au pilotage : marges par activité, suivi des charges, analyse de la trésorerie.
Et la comptabilité électronique ?
La loi de finances 2026 rend obligatoire la tenue de la comptabilité sous forme électronique, avec un fichier des écritures comptables par exercice. Le plan de comptes normalisé en est la colonne vertébrale : un paramétrage cohérent facilite la production de ce fichier.
Ascensu assure la tenue de la comptabilité de ses clients selon le CGNC, avec un plan de comptes adapté à leur activité et à leurs besoins de pilotage.
Sources officielles
Cet article est fourni à titre d’information générale, à la date de sa publication. Il ne constitue pas un conseil personnalisé : les textes évoluent et chaque situation doit être analysée au cas par cas.