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Expatriés au Maroc : résidence fiscale, imposition du salaire et double imposition

Quand un étranger devient-il résident fiscal marocain ? Comment son salaire est-il imposé, surtout s'il est payé depuis l'étranger ? Et comment éviter d'être imposé deux fois ? Les règles à connaître avant de s'installer.

Par 4 min de lecture

S’installer au Maroc pour y travailler pose rapidement une question fiscale : dans quel pays payer l’impôt sur le revenu ? La réponse dépend d’abord de la résidence fiscale, puis de l’origine du salaire et, le cas échéant, de la convention fiscale signée entre le Maroc et le pays d’origine.

Être résident fiscal au Maroc : trois critères

Le Code général des impôts (article 23) considère qu’une personne a son domicile fiscal au Maroc lorsqu’elle remplit l’un des critères suivants :

  • elle y a son foyer permanent d’habitation ;
  • elle y a le centre de ses intérêts économiques ;
  • elle y séjourne plus de 183 jours sur toute période de 365 jours.

Deux précisions utiles :

  • la période de 365 jours est glissante : elle ne suit pas l’année civile, et les séjours successifs s’additionnent ;
  • l’administration examine les critères dans l’ordre : le foyer d’habitation d’abord, puis les intérêts économiques, et enfin la durée de séjour.

Ce que change la résidence

SituationRevenus imposables au Maroc
Résident fiscalL’ensemble de ses revenus, qu’ils soient de source marocaine ou étrangère
Non-résidentSeulement ses revenus de source marocaine

Un expatrié résident au Maroc doit donc déclarer, en principe, aussi les revenus qu’il continue de percevoir à l’étranger (loyers, placements, pensions), sous réserve des conventions fiscales.

L’imposition du salaire

Le salaire d’un expatrié qui travaille au Maroc est soumis à l’impôt sur le revenu selon le barème progressif, de 0 % à 37 %, comme celui de tout salarié. Nous détaillons le calcul dans notre article sur le barème de l’IR en 2026.

Deux situations doivent être distinguées :

  • le salaire est versé par une entreprise établie au Maroc : l’employeur retient l’impôt chaque mois et le reverse au Trésor ;
  • le salaire est versé depuis l’étranger, par une société sans établissement au Maroc : il n’y a pas d’employeur marocain pour retenir l’impôt. C’est au salarié de déclarer et payer lui-même l’impôt dans les délais. C’est l’une des sources de redressement les plus fréquentes.

Le régime particulier Casablanca Finance City

Les salariés des sociétés ayant le statut Casablanca Finance City peuvent bénéficier d’un taux forfaitaire de 20 % sur leur salaire brut, pendant une durée limitée. La loi de finances 2026 en a précisé les modalités pour les salariés qui prennent leurs fonctions à partir de 2026, avec la possibilité d’opter pour le barème progressif lorsqu’il est plus favorable.

Éviter la double imposition

Le Maroc a signé des conventions fiscales avec de nombreux pays. Elles déterminent quel État peut imposer chaque revenu, et prévoient leurs propres règles pour départager une personne considérée comme résidente des deux côtés : foyer permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, puis nationalité.

En pratique, pour un salaire :

  • il est en principe imposable dans l’État où le travail est exercé ;
  • des exceptions existent pour les missions de courte durée, lorsque le salarié reste payé par un employeur étranger et que son séjour ne dépasse pas une durée fixée par la convention.

Chaque convention a sa propre rédaction : celle conclue avec votre pays d’origine doit toujours être lue avant de conclure. Une attestation de résidence fiscale est souvent nécessaire pour faire valoir ses droits.

Les pensions de retraite étrangères

Un retraité étranger résident fiscal au Maroc est imposé au Maroc sur sa pension, avec deux avantages importants :

  • un abattement sur le montant brut de la pension ;
  • une réduction de 80 % de l’impôt sur la part de la pension transférée à titre définitif au Maroc en dirhams non convertibles.

Les bons réflexes avant l’installation

  1. Déterminer la date à laquelle vous deviendrez résident et en tirer les conséquences dans votre pays d’origine.
  2. Lire la convention fiscale applicable à votre situation.
  3. Organiser la paie : employeur marocain, détachement ou salaire payé de l’étranger.
  4. Prévoir les transferts de revenus, qui relèvent de la réglementation des changes.
  5. Conserver les justificatifs de séjour, de logement et de paiement de l’impôt.

Ascensu accompagne les entreprises qui accueillent des collaborateurs étrangers et les investisseurs qui s’installent au Maroc : paie, déclarations et articulation avec les conventions fiscales.

Sources officielles

Cet article est fourni à titre d’information générale, à la date de sa publication. Il ne constitue pas un conseil personnalisé : les textes évoluent et chaque situation doit être analysée au cas par cas.

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